Tatup 1.0Un an de Tatup

Avant de partir

Avant de partir on avait le fantasme de découvertes à la Marco Polo, de voyage initiatique, de rencontres avec les peuples et la découverte de plantes et d’animaux sauvages.

Carte du monde de Jacques Verrazzano en 1529. Vatican à Rome – Italy

On avait malgré tout une certaine appréhension qui nous intimidait encore, accentuée par les médias, sur le danger de visiter certains pays.

Cela-dit, on avait des outils comme les livres guides (en e-book), les sites de classement d’hôtels et restaurants, plein d’applis-qui-font-tout-mieux-que-les-humains !
On arrivait dans un nouvel aéroport et déjà, on avait une panoplie d’informations pratiques qui nous donnait une brève sensation de sécurité (sans pour autant nous ôter une certaine tension intérieure)

Ngurah Rai International Airport (Denpasar-Bali)

Sir Seewoosagur Airport – Domestic flights area (Maurice)

Un an après, un tableau moins reluisant qu’il n’y paraît

Un an après, on vit le voyage différemment. Même si cela fait 3 semaines que nous sommes posés (Cairns, Australie), il nous arrive encore au réveil de ne plus savoir dans quel pays on est ! Et ça, c’est toujours une bonne surprise !

Lagon artificiel de l’esplanade publique – Cairns

Mais à la longue, on se rend compte aussi que la découverte c’est énergivore. Les multiples étapes nécessaires pour aller visiter un monument ou un lieu d’attraction pour lesquels, en plus, les tarifs sont proposés en Dollars ou en Euros, sont souvent épuisantes. On a très vite arrêté d’y aller systématiquement.

Delphine, encore à moitié endormie à 6h du mat’ pour visiter le Taj Mahal – Inde

Après Madagascar, le charme des animaux sauvages nous a quitté, tant ils sont tous en voie de disparition en Côte d’Ivoire et en Asie du sud-est. Les rares animaux sauvages vivent comme des clochards nourris par les poubelles des humains ou bien on les trouve derrière les barreaux dans des zoos, enclos pour lesquels nous n’avons pas d’attrait. Autrement ils sont domestiqués.

Elephant dans les rues de Jodhpur – Inde

Les dauphins sont au point de rendez-vous d’une centaines de frégates touristiques qui les coursent et qu’on ne peut pas blâmer puisqu’on en faisait partie.

Course aux Dauphins à Bali-Indonésie

Réserve de crocodiles à Assinie – Côte d’Ivoire

Il y a des fois où des associations de sauvegarde font un beau travail, mais comme elles se font concurrence entre elles, elles refusent de coopérer, mettre les données en commun et du coup elles fournissent un double travail.

Petit singe avec une couche bébé ! à Assinie – Côte d’Ivoire

Mais c’est presque pareil pour certains groupes humanitaires internationaux, qui pour des raisons de budget à solliciter, doivent mettre en place des structures et des comportements qui sont à l’opposés de ce pourquoi elles sont faites, notamment à cause de leur dimension colossale. Mais quand-même, c’est cette dimension qui leur permet de faire parfois évoluer l’opinion publique.

Sur le point de vue de la faune, l’Australie rétablit un peu l’équilibre car la nature sauvage y est encore très présente, parfois même dangereuse.

Panneau de danger en bord de mer « méduses et crocodiles », avec une maman qui baigne son enfant à Cliffton Beach – Australie

Mais c’est vraiment un bonheur d’être entouré d’oiseaux de toutes tailles dès qu’on va faire une ballade ou de voir des flying foxes (chauves-souris frugivores) qui nous survolent dans la pénombre du crépuscule, sans oublier les wallabys qui font la sieste dans des prés peu fréquentés.

Pélican solitaire à Cairns


Unique, cette attente pour un convoi de bateaux en destination du Mali, occupant la route sur 300km à une allure de 13km/h.

Route de Bouaké, Côte d’Ivoire

On croyait ces pays « instables et dangereux »

Contrairement à ce que beaucoup de médias laissent entendre, la Thailande, la Birmanie ou autres ne sont pas des endroits si dangereux, tant qu’on reste aussi vigilant que dans n’importe quel endroit qu’on ne connaît pas. Nous n’avons jamais eu de problèmes d’arnaque ou d’altercations. Les forces de l’ordre sont souvent compréhensives et les corps habillés (comme on les appelle en Côte d’Ivoire et pays limitrophes) ou policiers sont même fiers d’être pris en photos !

Représentant des forces de l’ordre à Ubud – Bali

Naturellement on n’a pas échappé à l’amende injustifiée, car dans beaucoup de pays, « si des gens voyagent c’est qu’ils sont incommensurablement riches » !

Autrement, c’est comme partout, il suffit de suivre les règles de base de bonne conduite, d’être alcoolisé ailleurs qu’en pleine rue, ne pas acheter de drogue et avoir une photo de ses papiers dans son téléphone quand on sort sans ses affaires.

En Thaïlande on n’a même jamais eu à respecter les horaires de couvre-feu officiel, car c’est en soirée que les commerces marchent le plus, d’autant que la police encadre toujours les lieux de fréquentation.

Night Market à Chiang Mai – Thaïlande

Par ailleurs voyager en Asie est assez facilité par les tarifs très accessibles des transports.

Place à l’intuition, le meilleur outil du backpacker

Depuis, notre arrivée dans un pays se fait désormais souvent en mode « intuitif », avec les grandes lignes du e-guide en background, ensuite on rencontre et demande des conseils à des gens qui nous paraissent sérieux sur place, ou alors on marche un peu longtemps et ça se passe tout aussi bien.

A ce propos, on s’est très vite rendus comptes que les grandes éditions connues de livres guides , qu’elles soient d’origine australienne ou française (pour les 3 guides touristiques les plus connus), donnent accès à beaucoup d’informations erronées, mal mises à jour malgré la mention 2015. Les pires guides ont été ceux de la Birmanie.

Heureusement qu’on peut avoir l’accès à de vraies informations grâce aux amis qu’on se fait sur place parfois !

ndr : ATM = Distribanque

Contrairement à l’idée reçue, la Monnaie du Myanmar : le Kyat, s’utilise très bien dans le pays

Le mieux, c’est la visite des ateliers d’artisanat comme à Jodhpur ou à Rodrigues . Des endroits où en rencontre de vraies personnes heureuses de vous accueillir, qui ne voudront pas vous vendre « un tour à 5 Dollars » pour visiter leur modeste fabrique de nouilles artisanales.

Fabrique artisanale de nouilles à Hsipaw – Myanmar

Fabrique artisanale d’ombrelles à Pathein – Myanmar

La Gentillesse et partage du monde humain :
du pain sorti du four à Sainte-Marie, des gâteaux offerts par le patron de l’hôtel à Delhi pour ne pas rester déçus de la chambre où nous étions, dégustation de tofu chaudement « frais » à Bali, 1kg de nouilles à manger à Hsipaw, des mangues vertes offertes pour se faire une salade, des merveilleux repas végétariens faits spécialement pour nous à Chiang-Mai, à Singapour, etc…

Invitation au repas du staff au Swiss Lanna Lodge à Chiang Mai – Thaïlande

Il y a des bases de la communication qui sont universelles comme le fait de connaître des mots de la langue locale et mieux encore : le sourire. Tout aussi universels, il y a les smartphones et facebook !

Incroyable vison : ce jeune homme très occupé par son téléphone, habillé en Bob l’éponge, dans Bangkok ! Thaïlande

La 3G est relayée jusque dans l’Himalaya avec cette antenne de réseau mobile à Dulikhel – Népal

Des choses « uniques » au monde !

Plus on voyage moins on trouve que le monde est grand et hors de portée, avec les moyens actuels. Notre compréhension géographique est tout autre, c’est comme-si la planète devenait à nos yeux un grand pays parsemé de provinces !

Mappemonde australienne, avec l’Océanie au milieu

Les choses sur-vendues comme « uniques au monde », telles que les récifs coralliens, certains monuments ou des levers de soleils, sont sensiblement pareils d’un endroit à l’autre, même s’ils restent un exquis plaisir.

Recif du mondialement connu Grand Barrier Reef (connu grâce au poisson Némo) – Australie

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On en heurtera plus d’un en disant aussi que les lieux de culte d’une confession donnée seront toujours assez identique à travers l’Inde et le Népal et l’Asie du Sud est. Comme beaucoup d’églises qui sont les mêmes à travers le monde. A ce propos nous aimons beaucoup plus les modestes endroits sacrés (quelque soit la religion), souvent davantage chargés en bonnes vibes !

Temple bouddhique en bois de bambou à Hsipaw – Myanmar (Birmanie)

Une chose universelle encore est le déchet de plastique, dont on se sait que faire, qui se répand par terre, dans le vent, dans l’eau, ou dans les airs en fumées incinérées et contrairement à ce qu’on croit la France n’a pas à être plus fière. C’est un problème global qui touche tous les pays !

Nous continuons le voyage de plus belles

Alors après ce tableau mitigé, qu’est-ce qui nous donne envie de continuer ?

- On n’a pas tout vu et on n’aura jamais tout vu ! Il y aura toujours des endroits vraiment uniques à découvrir là où on s’y attend le moins. Il y a des endroits qu’il est même encore impossible de visiter (comme certaines contrées malgaches) est c’est tant mieux pour la flore et la faune.

Héliconia du jardin botanique de Singapour

- Les gens : les rencontres font vraiment la beauté des endroits. C’est aussi les autres qui nous en apprennent long sur nous-même. Et on apprend à aimer malgré la distance.

- On continue d’apprendre, d’élargir notre vision et à se débrouiller.

Auto-stop en camion près de Panauti – Népal

- Voyager n’aide pas à fuir la routine, c’est le voyage qui devient la routine. Et dès qu’on s’arrête plus de 10 jours on peut très vite retrouver nos repères, se remettre au sport, à la cuisine maison, et travailler dur sur TATUP.

Quand on se remet à la cuisine !


- On cherche toujours l’endroit où nous voudrons/pourrons nous installer dans le monde, après notre voyage.

Et Tatup dans tous ça ?

Le projet Tatup, c’est notre fil conducteur, c’est aussi un moteur qui nous pousse à aller faire l’impossible pour avoir un reportage dans la boite.

Munduk – Bali

C’est en cela que c’est un booster de rencontres. C’est aussi quelque chose de valorisant quand on doit parler de nos vies à des professionnels qui trouvent l’idée de voyager futile.

Cartes de visite TATUP, imprimées par MOO

C’est une importante source de travail, qui demande beaucoup d’énergie avec notre objectif d’un post par semaine, pour arriver à maintenir la régularité et la qualité.

Séance de travail intense Tatup avec le célèbre BBoy Sonic à Chinatown – Singapour

Il faut aussi faire preuve de discernement, vérifier ses sources, éviter le militantisme et les conclusions rapides ou les amalgames.

N’oublions pas de saluer le travail tout aussi important de Feyt qui réalise officiellement nos traductions pour la version anglaise, qui n’a pas été facile à dénicher. L’esprit TATUP est très bien retranscrit en anglais grâce à lui, avec une pointe d’humour qui rend les deux versions sœurs sans qu’elles ne soient des clones. Merci aussi à ceux qui nous ont aidé au début comme Usha F, Marine B, Jess, Reena, et Véronique.

« Yes, becauze our english is not verry well »

Le retard accumulé

On poste 1 fois par semaine, 2 fois parfois et 3 fois quand on est chauds. Poster 3 fois dans la semaine signifie qu’on ne fait quotidiennement que « du Tatup ». Pendant ce temps les jours continuent à courir aussi vite que la terre tourne, et il faut avancer, visiter et continuer les reportages. Pour cette publication des un ans TATUP, c’est déjà 4 jours de travail à deux 🙂 !

Actuellement on parle de l’Inde, mais on est en Australie. Nos followers ont du mal à comprendre où nous sommes.

Mais, en tant que blogueurs, si on ne suit pas l’ordre chronologique, la qualité des images (car on s’améliore nécessairement au fur et à mesure du temps) n’ira pas crescendo. La logique de travail que nous avons adoptée est aussi confortable pour nous.
Pour mieux comprendre on a encore le Népal, la Thaïlande, la Birmanie, la Malaisie, Singapour, l’Indonésie à couvrir avant de parler de l’Australie. comptez 6 mois de retard.

Pour savoir où on est

Il suffit de lire l’entête du site toujours à jour, par exemple « Now : In Australia »

ou la photo de couverture de la page FB, « We are here » :

Une nouvelle rubrique

La rubrique pratique, récemment inaugurée, avec le compte rendu sur nos sacs à dos, permet maintenant de parler de notre expériences avec le matériel et la logistique.

A venir

Bientôt toute personne qui s’inscrira à la newsletter pourra recevoir d’office les fichiers jpg permettant de communiquer quand l’oral ne suffit plus.

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En attendant, il suffit de nous les demander après inscription en nous écrivant à contact@tatup.fr

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En conclusion

Le plus important pour nous c’est vous, lecteurs qui valorisez tout le temps passé à élaborer les articles, en espérant toujours qu’ils vous plaisent et vous fassent voyager.
Quand certaines personnes nous disent « vous avez du courage et de la chance de faire ce voyage », nous voulons réagir en disant que les personnes qui voyagent moins ou pas du tout n’ont pas une vie moins palpitante. C’est justement les sédentaires qu’on rencontre qui rendent notre voyage intéressant.
Enfin, on prend conscience en visitant « le monde », que nous ne connaissons pas aussi bien notre pays, la France… Ce qui rajoute des destinations sur notre liste une fois rentrés, à bon entendeur !

En tous cas restez connectés, nous avons encore beaucoup de choses à partager !